Par North Maronite
Introduction : Bachir s’accrocherait-il encore à ce chiffre aujourd’hui ?
La pensée de Bachir Gemayel a longtemps été emprisonnée dans le cadre des « 10 452 km² », au point que ce chiffre est devenu un outil d’anesthésie politique. Il sert à maintenir la société chrétienne otage d’une formule de coexistence qui a prouvé sa stérilité depuis 1920.
La question qui s’impose aujourd’hui, en 2026, au milieu de la décomposition totale de l’État et de l’hégémonie absolue des agendas islamiques transfrontaliers, est la suivante : Bachir Gemayel, le ‘’réaliste’’, aurait-il continué à sacraliser ce chiffre comme une idole intouchable ?
La vérité est que Bachir ‘’le résistant’’ n’a jamais sanctifié l’espace pour lui-même tel quel, mais a sanctifié la ‘’décision libre’’. Pour lui, la géographie était un outil de souveraineté. Si les 10 452 km² passent du statut de patrie à celui de cimetière de l’identité, une arène ouverte aux projets panarabes qui ont épuisé le Liban depuis la proclamation du Grand Liban, alors le chiffre s’effondre immédiatement et seule demeure l’essence : la pérennité de la société chrétienne.
Cette société est le prolongement historique d’une nation Syriaque-Maronite qui a exercé son indépendance réelle dès que le premier patriarche, Saint Jean-Maron, a scellé les piliers de l’entité à Kfarhay. Les Maronites ne se sont pas battus à travers l’histoire pour des frontières tracées en 1920, mais pour la souveraineté au cœur de la Montagne.
I. L’abomination du Pacte de 1943 : Le Liban comme péché constitutionnel
Quiconque lit les pv de Bachir comprend qu’il fut le premier à appeler à la fin du mensonge de la coexistence sous l’égide du Pacte de 1943. Il considérait ce pacte comme un simple contrat d’adhésion imposé par la nouvelle réalité démographique d’après 1920.
Le Pacte de 1943 est mort et enterré ; on ne ressuscite pas les cadavres. Ce n’était pas un simple avis, mais un diagnostic réaliste de l’échec de l’intégration d’une société Syriaque-Maronite, aspirant à la modernité, au sein d’un environnement resté inféodé à l’arabisme et à l’islamisme. Pour Bachir, le retour au « Liban noyau » (le Petit Liban) a toujours été le plan B », prêt à être exécuté en cas d’échec du projet d’État centralisé.
II. Position vis-à-vis des agendas arabes
Contrairement aux tentatives tardives de peindre Bachir comme un ami des Arabes, sa vision du rôle arabe, particulièrement saoudien et égyptien, était empreinte d’une méfiance politique pure. Il considérait que l’arabisme était le cheval de Troie utilisé par les palestiniens, les syriens et les libanais musulmans pour frapper la présence chrétienne.
Il disait : Le Liban n’est pas un pont pour l’arabisme. Bachir n’était pas épris de Riyad ou du Caire ; il comprenait que les fonds et les agendas provenant de ces capitales n’ont jamais servi la stabilité des chrétiens, mais ont financé les forces cherchant à dénaturer le Liban. Son réalisme politique lui dictait de traiter avec les Arabes comme un état de fait, mais au fond de lui, il voyait que l’intérêt de la Nation Maronite résidait dans le désengagement de ces conflits qui ne nous ressemblent pas.
III. Le fétichisme du chiffre face au réalisme de la survie
Le slogan des 10 452 km² brandi par Bachir au sommet de la confrontation en 1982 n’était pas un dogme sacré, mais un levier de pression international et juridique pour expulser les armées étrangères (syrienne et palestinienne) de tout le territoire libanais. Cependant, Bachir le « connaisseur du terrain » savait que la géographie sans souveraineté n’est qu’une terre occupée sous couverture légale.
Dans ses séances privées (notamment durant la guerre de Zahlé), il était plus explicite : « Nous préférons vivre dignement sur quelques kilomètres carrés que de vivre dans l’humiliation sur 10 452 km² ». Cette déclaration est la clé pour comprendre sa véritable pensée : la liberté et la dignité humaine de la société chrétienne priment sur toute sacralité des frontières de 1920.
IV. L’échec structurel du « Grand Liban » depuis 1920
Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence inévitable de l’erreur de 1920. La nation Syriaque-Maronite, aux racines culturelles distinctes, a été projetée de force dans une entité comprenant des composantes qui n’ont jamais cru au Liban, mais à leur allégeance à l’environnement arabo-islamique.
Ce choc permanent prouve que l’État central est devenu un outil de déracinement de la présence chrétienne et de pillage de ses ressources au profit des agendas islamo-arabes. Le pragmatisme de Bachir lui faisait voir que l’épuisement chrétien dans cette formule était un suicide lent.
V. Le projet du Mont-Liban : Le repli comme stratégie
C’est ici que réside la vision réaliste portée par le « Projet Mont-Libanais ». Nous ne prônons pas l’isolement, mais un « repli stratégique » vers le noyau dur (The Core).
- Le Centre Historique comme point de départ : La base est le retour au « Mont-Liban » en tant qu’entité souveraine indépendante dans ses décisions, son économie, sa constitution et ses lois modernes. Ce « Petit Liban » est le véritable laboratoire de la modernité.
- Le Noyau comme modèle d’attraction : La construction d’un État prospère et sûr dans la Montagne agira comme un aimant politique. Nous ne nous étendons pas par les armes, mais par la force du modèle.
- Référendum et expansion organique : Une fois le noyau consolidé, le choix est laissé aux autres régions. Si une zone souhaite nous rejoindre, cela se fera par des référendums transparents sous supervision internationale.
- Système Fédéral futur : La vision finale pourrait être une « Union d’États » (États Fédéraux) basée sur le contrat libre et non sur l’annexion forcée.
Conclusion : Retour à Kfarhay pour sauver l’avenir
Bachir Gemayel, en 2026, ne serait pas un adorateur de chiffres, mais un sauveur de nation. S’accrocher au fétichisme des 10 452 km² dans le contexte actuel est une trahison de l’esprit de la Résistance Maronite.
Le projet du « Mont-Liban » est la continuation de l’esprit de l’Église Maronite qui a crié un jour : « Soit nous vivons libres, soit nous ne serons pas ». La liberté aujourd’hui commence par la séparation d’avec un système défaillant et le retour au « Noyau » pour ancrer le droit à l’autodétermination.
Vive le Mont-Liban !!!







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